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L’Avocat Loubet

Un drame d’Eugène Labiche

Avocat Loubet, Eugène Labiche, Edition originale

Genèse d’une œuvre

L’Avocat Loubetest l’œuvre d’Eugène Labiche, grand dramaturge français du milieu du XIXe siècle. Ce dernier, membre de l’Académie française, est célèbre pour sa contribution au genre du vaudeville aux intrigues burlesques domestiques et passionnelles.

Sauf quel’Avocat Loubetest un drame ; le seul de toute l’œuvre de Labiche ; accessoirement une de ses toutes premières œuvres.

C’est que dans ses jeunes années, Eugène Labiche se cherche encore. Né à Paris en 1815, il a grandi à Rueil-Malmaison avant faire des études de lettres à Paris. A la mort de sa mère, il entreprend un grand voyage en Italie au cours duquel il entame des études de droit et publie de courtes nouvelles dans de « petits journaux ». C’est dans ce contexte, qu’il fait la connaissance de deux jeunes gens facétieux, Auguste Lefranc et Marc-Michel, avec lesquels il s’associe pour écrire des pièces de théâtre.

C’est parce qu’ils considèrent la comédie inférieure au drame, qu’ils s’essayeront en dilettantes tout d’abord à ce dernier style. Les textes produits correspondent aux idées que soutient alors Labiche : prédominance du ton, sujet romantique, introspection, phraséologie un tantinet emphatique…


Un drame en trois actes

L’Avocat Loubetest écrit en même temps qu’un vaudeville,Monsieur de Coyllin,créé sans éclat en juillet 1838. Il s’agit de l’adaptation théâtrale d’une nouvelle de l’écrivaine provençale Fanny Reybaud (qui écrivait sous le pseudonyme d’Henri Arnaud) publiée fin 1836 / début 1837 dansLa Revue de Paris.

«L’Avocat Loubetest un drame sans musique ni bons mots, on trouve en revanche tous les ingrédients du genre : femmes de petite vertu, rendez-vous secrets, meurtres et amours contrariés.» (Emmanuel Haymann,Labiche ou l’esprit du Second Empire).

Il se conclue par une tirade un peu grandilotesque, condamnant la Marquise : « Elle se réveillera dans un cloître… asile de la pénitence et du repentir ! ». Labiche aimait la déclamer dans un grand éclat de rire, la trouvant également fort pompeuse.


Audition au théâtre du Panthéon

Trouver un théâtre pour créer la pièce ne va pas sans difficultés. Eugène Labiche propose son œuvre au tout nouveau théâtre du Panthéon qui a pris possession d’un ancien cloître abandonné propriété de M. Tard, ancien chapelier de son état reconverti dans le théâtre. Peu sûr de son goût, il fait valider sa programmation par un comité… composé de ses anciens confrères chapeliers de la rive gauche.

Mais alors qu’Eugène commence à lire son drame au susdit comité, il ne peut dépasser le second acte : les chapeliers sont allés inspecter son chapeau et se sont vexés de voir qu’il a été acheté à un chapelier de la rive droite. Il se vengera avec humour de cet affront quatre ans plus tard en faisant déclamer dansLes Circonstances atténuantespar Alfred Revel sur la scène du Palais Royal, l’éloge d’un chapelier de la rive droite.

Heureusement pour Labiche, M. Tard, prématurément lassé par le monde du spectacle, retourne peu après à ses chers chapeaux et cède le Théâtre du Panthéon à l’homme de lettres Théodore Nézel. Ce dernier, complètement étranger aux questions de chapeaux, accepte de donner la pièce.


Première dans le Quartier Latin

Le 28 août 1838,L’Avocat Loubetest donné sur la scène du Panthéon. Les étudiants du quartier font un accueil triomphal à ce drame sentimental propre à embraser les cœurs sensibles. On se bouscule rue Saint-Jacques, on vient verser sa petite larme au récit déchiré des amours impossibles.

La distribution est dominée par Clarisse Miroy dans le rôle de la belle et innocente Louise. Chanteuse reconnue, Mlle Clarisse apparaît pour la première fois dans un emploi où seuls ses dons de tragédienne sont requis. C’est le début d’une grande carrière de tragédienne qui trouvera son heure de gloire dans la pièce dramatiqueLa Grâce de Dieu…

Le Théâtre du Panthéon en revanche, ne connaitra pas d’autre triomphes et fermera prématurément ses portes un an plus tard. Ne restera de cet évènement que d’immenses fresques peintes aux couleurs vives sur les murs de la buvette du théâtre représentant les scènes principales du drame.


La critique et l’Avocat Loubet

La critique accueille très favorablement la première du 28 août 1838. La Revue et Gazette des théâtres relève ainsi :« Jamais le public du Quartier latin, ordinairement si moqueur et si goguenard, n’avait montré tant de recueillement et de satisfaction attentive. C’est que cette fois il s’est trouvé en face d’une œuvre consciencieuse, montée et jouée avec conscience ; c’est que l’intérêt bien soutenu d’une action habilement conduite l’avait contraint, pour ainsi dire, malgré lui, à se de dépouiller de son sarcasme habituel pour traduire, par de longs bravos, l’émotion dont il se sentait pénétré. C’est qu’enfin, lorsque tout concourrait à l’illusion, et le jeu des acteurs, et le luxe des décors, et les soins de la mise en scène, ce bon parterre tout dépaysé a pu se croire un instant transporté dans un des théâtres privilégiés où le drame se montre environné de tous ses prestiges. »

Les acteurs sont également célébrés en particulier Clarisse Miroy dont certains attendaient la chute et qui triompha. Comme le souligne la critique :« les nombreux bravos qui ont accueilli, à plusieurs reprises, les élans de sensibilité si vrai, dont elle a fait preuve, ont dû lui prouver qu’il y avait pour elle des succès à trouver dans tous les genres. ».


Un succès éphémère

Eugène Labiche n’aura pas la chance d’assister à son premier triomphe. Affligé d’un foie capricieux il s’en est allé prendre les eaux à Vichy.

A la suite des premiers succès de l’été 1838, le théâtre de Marseille reprendl’Avocat Loubet.Marc-Michel et Labiche se rendent sur place au mois d’octobre. La pièce est une belle réussite mais déjà Labiche est passé à autre chose.

L’Avocat Loubetest loin d’être l’œuvre maîtresse d’Eugène Labiche. Dans l’ouvrage que lui a consacré François Cavaignac,L’Avocat Loubetn’est ainsi jamais cité. Comme ceci dit, 103 autres pièces sur les 174 qu’a écrit Labiche. Et sur internet, on ne trouve quasiment rien. Seule la BNF a numérisé l’œuvre et la vend 1 € symbolique au format électronique ou une vingtaine d’euros réimprimé à la demande.

Edition électronique de 2021

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En collaboration avec les éditions du loup rouge, Loubet.fr propose au téléchargement deux versions de son édition augmentée deL’Avocat Loubet d’Eugène Labiche:
- une version au format PDF
- une version au format ePub

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