Le Livre de la Chasse
Ci devise comment on puet prendre les lous aux aguilles
USSI puet on prendre les lous aux aguilles en telle manière : on doit avoir tant d’aguilles comme on voudra et deux en deux, l’une près de l’autre, liez les de poil de cueue de cheval ou de jumente ; puis quant il sera lié de six ou de sept renx à l’environ, on doit teurdre l’une aguille de l’une part et l’autre d’autre, tant comme on pourra ; et quant ils seront bien tirans, on les doit remettre l’une près de l’autre, et mettre dedens une piesse de char qui soit plus grosse et plus longue que les aguilles ne sont, et fère son train et lessier après le train une piesse de char en un lieu, et à chief de piesse en autre. Et les lous, qui vendront poursuyvans le train, trouveront ces morsiauls de char où les aguilles seront dedens, qui seront petits, se les engloutiront sans mascher ; et quant la char sera digerée dedens le corps, les aguilles qui seront teurses par force se dresseront et se mettront en croiz, et perceront les boyauls au lou, si morra. En celle meisme manière fet on aux ams qui sont fez comme amessons, l’un d’une part et l’autre d’autre ; mès les aguilles valent mieulx.
Bibliothèque nationale de France, Paris
Paul Getty Museum, Los Angeles
Morgan Library, New York
« Le loup n’était donc guère aimé et aucune méthode d’abattage ou de piégeage n’était jugée trop cruelle. On proposait de l'appâter avec des morceaux de viande contenant des aiguilles pointues aux deux extrémités ou de le piéger dans un nœud coulant qui le laissait pendre en l'air, impuissant. »
Bibliothèque Mazarine, Paris
Comme on prent les loups aux aguilles : « Les aiguilles ne sont visibles ici que pour la compréhension du piège. »
Musée Condé, Chantilly
Cy après devise comment on puet prendre les loups aux aguilles. « Près d’une ferme, deux hommes utilisant la dépouille d'un âne, confectionnent des boulettes de viande pour y introduire des aiguilles. Les appâts alimentaires sont volumineux mais devraient être petits pour que les loups les avalent et en meurent. Deux bêtes les mangent déjà près d’un chemin. »