Pyrénées ariégeoises
Loubet del Bayle

Loups

Le loup en héraldique


Le loup, animal noble et courageux, a été largement utilisé sous différentes formes comme symbole héraldique dès la période médiévale au même titre que le lion, l’aigle ou l’ours. Toutefois, cette figure qu’on va retrouver dans les blasons de Navarre, d’Espagne septentrionale, d’Auvergne, d’Ecosse, du Danemark et de Suisse, ne devient courante (plus de 1% des armories animalières) qu’à l’époque moderne. Au reste, il s’agit le plus souvent d’armes parlantes.

Blasonnement

Loup passantLoup passantComme tous les quadrupèdes, le loup peut être de profil ou passant, ce qui ne s’exprime pas expressément. Il a en général la queue pendante. On le rencontre parfois courant et même dressé sur ses pattes de derrière.

Lorsqu’il est figuré dans l’attitude ordinaire du lion, il est dit rampant. Au XVIIe siècle, les héraldistes remplacent l’expression « rampant » par le terme obscur de « ravissant », tellement obscur que leurs successeurs du XIXe ne l’ont pas compris et appliqué pour désigner un loup emportant une proie dans sa gueule.

Loup passantLe loup peut-être décapité. La tête de loup se retrouvera dans les armes en Angleterre, en Alsace et dans la France occidentale.

Quand son œil est d’un émail particulier, il est dite « allumé ». De même il peut être « armée », « lampassé », « denté » et « viléné » quand ses griffes, sa langue, ses dents ou son sexe sont d’un autre émail que le corps.
A l’image de ce loup issu du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-Le-Duc qui peut être décrit comme suit: loup passant de sable lampassé, armé et vilené de gueules .

Très stylisé aux origines (manque de talent des héraldistes ou faibles connaissances anatomiques), il n’est pas toujours facile à reconnaître. En général, il est caractérisé par des pattes robustes armées d’ongles tranchants et une mâchoire énorme.

A noter qu’il est parfois difficile de distinguer le loup du renard. Des confusions arrivent alors. En particulier parce que si le renard est toujours de gueules (rouge), il arrive que le loup puisse l’être aussi contrairement à ce que certains ont pu écrire dans le passé. Autre cause de confusion : la queue. En effet, le loup est censé avoir toujours la queue pendante, ce qui le distingue du renard, qui l’a levée perpendiculairement.

Enfin, on retrouve le loup dans les ornements qui entourent les armoiries à savoir les cimiers et les tenants.

Sens et origines

D’un point de vue héraldique, quand un sens est cherché à la présence du loup sur un écu, on va se référer à la manière qu’ont les loups de chasser en bandes. L’héraldiste Cecil Wade affirmait ainsi que la présence du loup sur un cimier signifiait que le chevalier lui-même ou quelqu’un de sa famille avait vaincu au cours d’un long siège. Autre symbolique : la loyauté unissant les membres d’une même famille partageant un même écu.
Quoiqu’il en soit, on retrouve la première référence écrite de la présence de loups en héraldique dans un armorial anonyme anglais dessiné 1308 et 1314. L’ouvrage mentionne les loups comme faisant partie des figures héraldiques et mentionnant pour preuves les armes de Adam Videlou et John de Lou qui comprenaient des « testes de lou ».
Ceci dit, on sait que bien antérieurement, la tête de loup fut attribuée à Hugues le loup (Hugh Lupus), comte d’Avranches et neveu de Guillaume le conquérant, quand il fut créé comte de Chester vers 1070 :  d’azur à une tête de loup arraché d’argent. Une arme parlante encore…

Le loup dans les blasons européens

Le loup est assez fréquent en héraldique anglaise. On le retrouve ainsi dans les tenants des armoiries du Vicomte Wolseley dont la devise est « Homo homini lupus », dans le cimier de la famille Lovell, dans les armes de Robert Lovett (on retrouve D’argent à trois loups passant de sable, l’un sur l’autre), de Sir John Lowe de Buckinghamshire  (à trois têtes de loup) ou de Nicholas le Low (de gueules à deux loups passant d’argent).
En héraldique écossaise, l’usage le plus important du loup est le fait du Clan Robertson, qui le tient de Struan Robertson qui occupa le trône d’Ecosse au XIe et XIIe siècle. Ce clan, connu également sous le nom de Donnachaidh tire son origine d’une légende lié au loup. Cette légende prétend que le roi Malcolm Canmore attaqué par un grand loup fut sauvé par Thomas de Rannoch qui utilisa son plaid et son couteau pour venir à bout de la bête. Aujourd’hui le blason des Robertson se décrit comme suit : De gueules, à trois têtes de loup arrachées d’argent, à la bordure du même.
En Allemagne, l’usage le plus connu est celui des armes de la ville de Passau en Bavière qui blasonne en d’argent au loup rampant de gueules. Ces armes remontent au XVe siècle et semblent avoir venir d’un évêque de Passau Otto von Lonsdorff qui avait un loup dans ses propres armes. Il est à noter que l’emblème fut ensuite utilisé comme marque commerciale par une société locale.

Wolf von BibelspurgEn Saxe, la famille Wolfersdorf qui blasone en or au loup rampant de sable ajoute un loup assis sur son cimier.  Les armes de Hans Wolf von Bibelspurg blasonnent comme suit : d’azur, au loup naissant d’or, lampassé de gueules. Tandis qu’une autre famille Wolf (de Saxe encore), blasonne comme suit : D’or au loup passant de gueules, fascé de sable et d’argent.

En France, le Grand louvetier de France portait aux côtés extérieurs de son écu deux têtes de loup de front. M. de Flammarens portait pour cimier, au-dessus de la couronne de ses armes, un loup passant. Plus généralement, l’usage héraldique du loup est attesté dans toute la France, celle du Sud comme celle de l’Ouest :

Agout (Provence, Dauphiné) : D’or, à un loup ravissant d’azur, armé et lampassé de gueules
LubersacLubersac (Limousin): De gueules au loup d’or ravissant
Chanteloup (Normandie) : D’azur au loup de sable, armé et lampassé de gueules
Louvat du Poussey (Bugey) : D’azur au loup d’or (Devise : Lupus in fabula)
Le Craponnier de Kermartin (Bretagne) : De sable au loup d’argent
Berault de la Haye (Beaulieu) : De gueules, au loup courant d’argent, accompagné de trois coquilles du même
Loquet de la Lande-d’Airon (Normandie) : D’argent, à trois loups de sable.

On retrouve également le loup dans les armes espagnoles. On le retrouve souvent dans les armoiries de familles nobles de la Biscaye, de la Catalogne et de la Navarre.
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Éléments zoologiques


Un peu d’histoire


La légende du loup


Iconographie


Le loup dans les blasons


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